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Coupes de bois sur le site du marais des Saveux
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Marché des producteurs

Le 21 octobre 2024, des travaux d’abattage par l’entreprise VMC Bois, réalisés pour le compte d’AREA et à des fins de sécurisation de l’accès au péage, ont été signalés le long de la Route de l’Echangeur, au sein du marais des Saveux.

 

Le marais des Saveux fait partie du réseau de zones humides de l’Albanais (site Natura 2000 FR8201772) situées dans le bassin versant du lac du Bourget. D’une superficie d’une trentaine d’hectares, ce site est coupé en deux par la route menant à l’entrée du péage d’Aix sud. Sa partie sud, qui représente les deux tiers du site, est occupée par des prairies humides, bas-marais, et boisements humides, tandis que sa partie nord se caractérise par des boisements humides d’âge variable. Outre les habitats d’intérêt communautaire qu’il abrite, le marais des Saveux est aussi remarquable pour le cortège d’espèces patrimoniales de flore et de faune qu’il accueille : gratiole officinale, séneçon des marais, bruant des roseaux, grenouille agile, cuivré des marais, ce dernier étant visé par la directive européenne Habitats.

Le Conservatoire d’espaces Naturels de Savoie (CEN Savoie) est gestionnaire de ce site naturel dont une grande partie des parcelles apartiennent à la commune de Drumettaz-Clarafond.

 

 

Plusieurs habitants de la commune et automobilistes ont pu faire part de leur interrogation quant à l’ampleur des coupes d’arbres. Après vérification avec les services de l’Etat et le Conservatoire d’Espaces Naturels de Savoie, gestionnaire des parcelles de marais, il s’est avéré que ces coupes s’étendaient au-delà de la zone déléguée à AREA, et ce sans que les propriétaires aient donné leur accord et que les gestionnaires en aient été informés.

La surface concernée par les coupes au-delà de la limite déléguée à AREA (10 mètres à partir de la route) a été évaluée à environ 1 900 m² par le CEN Savoie.

Suite à une rencontre sur place fin 2024, la société AREA et l’entreprise VMC Bois ont reconnu leur erreur. La vente du bois a donné lieu à une compensation budgétaire versée par l’entreprise VMC Bois à la commune. Cet accord amiable a évité le dépôt d’une plainte, gage d’une procédure longue, coûteuse et à l’issue incertaine. Contactés, les services de l’Etat (DDT et OFB) n’ont pas jugé nécessaire d’engager des poursuites, suite à la destruction de zones humides et de possibles espèces protégées, à l’encontre des entreprises incriminées.

Le Conservatoire d’Espaces Naturels a cependant tenu à rappeler que le type de milieu concerné, une zone humide présentant un couvert forestier caractéristique, accueille des espèces menacées ou en forte régression à l’échelle de la Savoie : amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons) et odonates (libellules, demoiselles) notamment. Etant donné les dégâts générés par la coupe des arbres présents sur le site (aulnes et saules majoritairement), plusieurs pistes de restauration du milieu ont été envisagées.

 

Cependant, après examen et évaluation de l’impact potentiel de telles actions de restauration, et bien que cela puisse sembler contre-intuitif, le Conservatoire d’Espaces Naturels a estimé que la régénération naturelle du site constituait l’option préférentielle, qui générerait le moins d’impacts supplémentaires.

 

  • Les espèces d’arbres coupées, essentiellement de l’aulne et du saule, peuvent très rapidement rejeter à partir des souches restées sur place. Il n’est donc pas nécessaire de procéder à de la plantation d’arbres, ceux-ci repousseront assez rapidement, même s’il faudra attendre plusieurs décennies avant de retrouver des sujets de la taille de ceux présents sur le site avant les coupes ;
  • Le CEN ne préconise pas non plus de ramasser les branches d’arbre à terre, qui aurait eu lieu lors de la période de reproduction des amphibiens au printemps. Ces branches pourront aussi constituer de nouveaux habitats à l’avenir pour les amphibiens et espèces saproxyliques (espèces vivant et se nourrissant de bois mort) ;
  • Les ornières créées par les engins de débardage peuvent constituer des sites de ponte intéressants pour les amphibiens et certains odonates. Le CEN ne préconise donc pas de les reboucher. En outre, une nouvelle intervention pourrait créer des perturbations supplémentaires, alors qu’il est dorénavant important de laisser le site au repos.
  • Le CEN ne préconise pas non plus la création de mares artificielles supplémentaires. En effet, la circulation très importante sur l’axe routier (route de l’échangeur) traversant le site cause un risque d’écrasement lors de traversées d’amphibiens (action non contradictoire avec le fait de laisser les ornières en place cependant, car l’objectif à date est de générer le moins de perturbations possibles sur le site).

 

C’est donc pour l’ensemble de ces raisons que vous avez pu constater que le site est aujourd’hui laissé en « libre évolution » pour un moment, afin de laisser le milieu se régénérer naturellement.

En parallèle, la commune et le CEN sont en cours de discussion avec l’entreprise AREA pour le soutien à des actions complémentaires de préservation et de restauration de la biodiversité, au titre de la compensation volontaire des impacts générés par ces travaux.

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